La lampe magique qui lutte contre la dyslexie?

Une lampe magique à LED existerait contre les effets de dyslexie ?

 

Mais au laboratoire de Cognition, langage et développement de l’ULB, Fabienne Chetail et ses collègues ont avalé leur café de travers découvrant l’étude. « Ce travail est très critiquable, car il présente de gros manques théoriques et méthodologiques. Il s’agit plus de désinformation que d’une étude scientifique », déplore la professeur à la Faculté des sciences psychologiques et de l’éducation.

Que lui reproche-t-elle ?

Un  : le manque de détails sur le profil des personnes composant les deux groupes comparés dans l’étude (30 dyslexiques et 30 non-dyslexiques). « Toute étude sérieuse doit le faire, d’autant que la définition de la dyslexie fait elle-même débat. Ici, on n’a aucune garantie qu’on a bien affaire à 30 dyslexiques », dit-elle. Et quand bien même l’échantillonnage respectait les règles de l’art, la méthode scientifique nécessite de répliquer l’expérience pour s’assurer que l’on peut en tirer une conclusion valide.

Deux  : la conclusion de l’étude suggère qu’il y a une seule cause à la dyslexie. C’est très séduisant, mais c’est simpliste. Et faux. Il y a 60 ans qu’on fait de la recherche sur la dyslexie et on a abandonné cette idée depuis de nombreuses années et les profils de troubles dyslexiques sont très variés, explique Fabienne Chetail : « Aucune cause unique ne permet d’expliquer tous les cas. Très souvent, c’est une chaîne de causes qui est à l’œuvre. »

Trois  : les auteurs de l’étude expliquent que chez les personnes qui ne sont pas atteintes de dyslexie, ces récepteurs de la lumière situés dans la zone de l’œil appelée « centroïdes de la tache de Maxwell » n’ont pas la même forme d’un œil à l’autre. Le cerveau choisit donc le signal envoyé par l’un des deux yeux pour créer l’image que voit la personne. Chez les dyslexiques en revanche, cette zone est symétrique dans les deux yeux. Cela pourrait être source de confusion pour le cerveau en créant des « images-miroirs » entre lesquelles il est incapable de choisir, expliquent-ils. Fabienne Chetail recadre : « Cette confusion des lettres miroirs – par exemple b et d – est un symptôme qu’on peut observer chez certains dyslexiques. Mais dès les années 60, on a compris que c’était loin d’être le problème dominant chez tous les dyslexiques. »

Dire que la cause de la dyslexie a été découverte est donc un très gros raccourci. Mais ce n’est pas tout.

Quatre  : pour remédier à l’asymétrie qu’ils prétendent à l’origine de la dyslexie, les deux chercheurs ont mis au point une sorte de lampe stroboscopique à LED censée effacer l’image miroir problématique. Certains étudiants dyslexiques qui ont participé à l’étude l’ont d’ailleurs déjà surnommée « la lampe magique », jubilait l’un des chercheurs.« Vu les gros manques en matière de connaissance de la dyslexie, il est très interpellant que les auteurs de l’étude en soient déjà à l’étape des solutions », balaie Fabienne Chetail.

Comment trouver les bons remèdes si l’on n’a pas le bon diagnostic ?

Les troubles de l’apprentissage

Les principaux troubles de l’apprentissage sont appelés les « troubles dys ».

Ils sont fréquemment associés. Dans près de 40 % des cas, un enfant concerné par les troubles « dys » en présente plusieurs.

En voici les définitions très succinctes.

Dyslexie. Troubles spécifiques du langage écrit (lecture et écriture). la dyslexie se manifeste par une mauvaise association entre les signes écrits et les sons, ainsi que par une incapacité à saisir rapidement un mot dans sa globalité.

Dysorthographie. Cette difficulté à maîtriser l’orthographe est souvent liée à la dyslexie.

Dysphasie. Trouble du langage oral.

Dyscalculie. Trouble spécifique des apprentissages numériques.

Dyspraxie. Difficulté à coordonner des gestes complexes, notamment l’écriture.

 

Source : http://plus.lesoir.be/120494/article/2017-10-21/non-na-pas-trouve-de-lampe-magique-pour-les-dyslexiques

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